Association Culturelle de la Borde

STAGE du 13 au 17 mai 2019 – Psychose et Psychopathologie de la vie quotidienne

PSYCHOSE ET PSYCHOPATHOLOGIE DE LA VIE QUOTIDIENNE

Jean Oury écrivait en 2003: « L’ambiance, les entours, corrélatifs de la présence « des autres », sont en jeu dans les modulations existentielles de tout un chacun, qu’il soit pris dans une pathologie manifeste ou dans une « normopathie » qui banalise toute émergence de singularité.

Toute procédure psychothérapique s’oriente vers la mise en valeur d’une singularité. Ceci exige une prise en compte de ce qui se passe au jour le jour, au-delà des stéréotypies, des habitudes. La « vie quotidienne » est ce qui se manifeste de l’ambiance, base de toute psychothérapie concrète. Dans l’existence éclatée, dissociée, des psychoses, là où les « axiomes de la quotidienneté » sont en péril, la prise en compte des nuances existentielles, des rencontres, fait partie de « l’analyse institutionnelle », condition de tout engagement psychothérapique. »

Que ce soit dans un établissement sanitaire, social ou médico-social, que ce soit dans la cité elle-même, aller et venir, habiter et circuler librement nécessitent une veillance, une attention pour soutenir chez les plus fragiles, une continuité existentielle toujours menacée par le risque de catastrophe, de vécu de fin du monde comme le dit Tosquelles. L’altération de l’humeur, la dépersonnalisation, les émergences paranoïdes, le délire persécutif, la phobie, le retrait autistique compromettent les actes les plus banaux et la co-existence avec autrui.

Dans un contexte où l’emprise des tâches prescrites de plus en plus envahissantes (cocher, coder, tracer les actes) éloigne de plus en plus les professionnels d’un partage réel de la vie quotidienne avec les personnes qu’ils fréquentent, comment peut-on, au-delà de l’éducation et de la compensation du handicap, penser la mise en forme psychothérapique de cette vie quotidienne ?

Tenir compte du paysage intime de chaque personne, remettre en question le préjugé de son irresponsabilité, de sa dangerosité, de son incurabilité ouvre des perspectives de co-construction d’un monde partagé habitable.

La base de cette éthique est la création d’espaces et de temps d’investissements communs respectant le style de chacun. Elle permet la mise en forme concrète d’une vie quotidienne dans une ambiance ouverte à l’accueil, au respect, et à une dynamique collective prenant soin de chacun. Elle offre les conditions matérielles pour que se développe sans perte d’espoir, un sentiment personnel d’utilité sociale, de souci et de solidarité pour autrui, dans une visée singulière émancipatrice.

Le travail d’élaboration collective en réunions permet aux professionnels de se soutenir mutuellement et d’assumer les difficultés nées de la rencontre des personnes touchées dans leur potentialité d’être avec autrui du fait des émergences pathologiques (interprétations délirantes, identifications projectives ou adhésives, angoisses, passages à l’acte, séduction, manipulations, clivages, morcellements, etc.)

De là toute l’importance d’une approche collective articulant le triptyque « phorique, sémaphorique, métaphorique », auquel nous sensibilise Pierre Delion. Il propose une alternative dynamisante aux actuels impératifs de gestion de ces problématiques complexes qui ne peuvent se réduire aux conceptions simplistes s’imposant aujourd’hui quand il s’agit de l’homme et de la folie.

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