Association Culturelle de la Borde

STAGE du 11 au 15 mai 2020 « Quels outils pour tisser et repriser l’existence? »

QUELS OUTILS POUR TISSER ET REPRISER L’EXISTENCE ?

Les patients schizophrènes sous l’emprise de phénomènes hallucinatoires et délirants très envahissants mènent une existence précaire dans un monde vécu comme hostile et menaçant.

Le vécu  très angoissant en tant qu’ « être parlé » (hallucinations) et « être regardé » (phénomènes paranoïdes)  nécessite un lieu d’accueil et de soin suffisamment hospitalier et structuré pour qu’une reconstruction d’un monde habitable soit possible.

Mais comment faire apparaître un monde suffisamment tranquille ? Comment  ne pas être intrusif en étant dans une proximité ? Comment apaiser les moments de crise d’angoisse paroxysmale ?

Comment ne pas être en miroir de ce chaos intérieur et ne pas transformer l’agressivité en violence ?

A l’heure où les pratiques de contentions sont devenues le quotidien douloureux des professionnels et des patients marquant l’échec d’une rencontre apaisée et apaisante dans les moments de catastrophe existentielle nous devons élaborer des outils pour créer les conditions de possibilité d’un processus thérapeutique.

Nous savons que les psychotropes sont utiles mais pas suffisant.

Comment proposer et co-construire, avec ces patients en déréliction, un monde habitable ?

La question de la rencontre qui fait événement dans l’existence nécessite de tenir compte de la singularité de chacun. C’est une première prise de position : faire en sorte que ce soit la structure de soin qui s’adapte à chacun et non pas que ce soit le patient qui s’adapte à la structure dans un processus de normalisation des comportements.

Le Club thérapeutique est, en ce sens, l’outil qui permet de travailler la transformation permanente de la tendance de tout établissement à écraser la singularité de chacun dans un processus d’homogénéisation. Son but est la gestion collective (payants et payés) de l’ambiance créant une thérapeutique active s’appuyant sur l’ergo-sociothérapie. Ce ne sont pas des activités occupationnelles mais une responsabilisation concrète des patients qui sont eux-mêmes à l’initiative de la création de ces activités. Le travail est thérapeutique par tous les enjeux psychiques qu’ils mobilisent au travers d’une véritable danse pulsionnelle.

La question du transfert et de la transformation des passages à l’acte en acting out nécessite une élaboration collective permanente dans un maillage de réunions institutionnelles ou toute cette danse pulsionnelle puisse être accueillie dans un cheminement de sens à construire en permanence.

La liberté de circulation, la création d’une tablature de distinctivité avec des taches d’ambiance variant d’un espace à l’autre tissent un filet institutionnel qui permet de transformer la déambulation en itinéraire où des greffes de transfert sont l’occasion d’ une re-prise de l’existence dans des investissements concrets.

Tout cela est très précaire et sans cesse menacé nécessitant une veillance, une disponibilité  et une inventivité permanente pour qu’un lieu d’hospitalité soit vivant et thérapeutique.

C’est autour de ces thèmes et des questions qu’ils soulèvent,au plus près du travail concret et quotidien de chaque participant,que nous vous proposons de nous retrouver cette année.

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