Association Culturelle de la Borde

STAGE du 15 au 19 mai 2017 – ESPACE ET TRANSFERT

ESPACE ET TRANSFERT

Club et liberté de circulation

Pour Jean Oury : « L’abord de la personne psychotique commence par l’espace. Il s’agit qu’il y ait des lieux, des espaces où l’on puisse se reconnaître, où il puisse y avoir du Dire. Ce n’est que secondairement qu’il y aura accès à la temporalité. […] Espace transitionnel, jachère, espace du Dire, sont des modalités d’espace du transfert comme « tenant lieu » de continuité. »
On considère généralement que le transfert ne peut être établi avec le malade psychotique : « le transfert n’existe pas chez le psychotique ! » La position éthique des professionnels et psychiatres travaillant dans le champ de la Psychothérapie Institutionnelle est d’affirmer le contraire, non seulement le transfert existe dans la psychose mais il se manifeste si massivement que ce concept demande quant à lui un remaniement théorique particulier.
Le schizophrène présente une personnalité fermée et en même temps non délimitée. Notre travail collectif est de créer ce qu’on appelle (en reprenant la terminologie de Gisela Pankow) des « greffes de transfert » au niveau de l’espace. À partir de ces « greffes de transfert », Jean Oury introduira la notion de « greffes d’ouvert ».
La dissociation schizophrénique ne permet pas l’établissement d’un transfert sur une seule personne, car à l’image de cet éclatement, le transfert du schizophrène se manifestera envers différentes personnes et même différents lieux. Jean Oury parlera de « transfert dissocié ».
Que ceci implique-t-il d’instituer au niveau de notre travail concret ?
Durant cette semaine de stage, nous proposons de présenter les différents outils et concepts sur lesquels s’appuie la Psychothérapie Institutionnelle, les techniques destinées à travailler et à modifier l’ambiance. Le travail sur l’ambiance d’un établissement psychiatrique nécessite la prise en compte du registre « pathique », ce qui ne se voit pas, ce qui compte dans les rencontres, l’accueil de l’insolite qui permet que ces rencontres aient lieu.
Ce sont là des principes de base, comme la liberté de circulation qui nécessite une hétérogénéité des espaces et le respect de la singularité des personnes.
Pouvoir passer d’un lieu à un autre, repose sur cette distinctivité: que ces lieux soient différents ainsi que les acteurs évoluant dans l’établissement.
Tout ceci s’articulant avec le Club, structure organisée pour déjouer l’opposition statutaire patient/soignant, support concret d’échanges avec les autres à l’intérieur et à l’extérieur de l’hôpital, support transférentiel, respectant les capacités de tout un chacun à travers des responsabilisations afin d’organiser la vie quotidienne.
L’accueil des malades, la libre circulation, les « constellations », l’ambiance, le club thérapeutique, la vie quotidienne, autant d’outils permettant qu’un transfert puisse s’établir chez le patient psychotique sans oublier qu’il ne peut être opérant que si une interprétation du transfert peut avoir lieu : « Il s’est passé quelque chose » qui fait « qu’après ce ne sera jamais plus pareil ».
« L’accès fondamental à la psychose s’inscrit dans des structures spatiales », soulignait le psychiatre japonais Kato.

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